La valeur
de la santé

 

Ce que le concept de « Value based health care » apporte aux patients

 

Le concept de « Value based health care » ouvre de nouvelles perspectives dans le système de santé : il place le patient au cœur des préoccupations, mise sur le potentiel du numérique et associe prévention, traitement et convalescence après maladie.

Sur les traces d'Hippocrate

HISTOIRE DE LA MÉDECINE

La science médicale dans l’Antiquité

Être en bonne santé et le rester, c’est le souhait de chacun. La médecine a pour but de guérir les malades, aujourd’hui comme il y a 2000 ans. Aperçu d’une histoire culturelle mouvementée.

 

 

Gesundheit ! Santé ! C’est ce que nous souhaitons à quelqu’un lorsqu’il éternue ou qu’il fête son anniversaire. Les Français lèvent leur verre à la santé. Depuis 1948, année de création de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une définition s’applique à l’échelle de la planète : « La santé est un état de parfait bien-être physique, mental et social, et ne consi

Le père de tous les médecins : Hippocrate.

Nous savons depuis l’Antiquité que la santé, ce bien précieux, n’est pas prédéterminé par le destin, ni même par Dieu. Le père de tous les médecins, le médecin Hippocrate (460-370 av. J.-C.), préconise que chaque être humain prenne en main sa propre santé. On dit que pour y parvenir, vie saine et prévention sont nécessaires. Il convient de détecter les maladies le plus tôt possible et de les traiter par la médecine, afin d’en étouffer les effets dans l’œuf. Il prescrivait à ses patients la « therapeia », mais ce concept recouvrait alors un sens beaucoup plus large qu’aujourd’hui : « therapeia » englobe aussi bien la guérison proprement dite que les soins à long terme après le rétablissement. Hippocrate voulait savoir à quel point sa « therapeia » pouvait avoir des effets positifs durables sur la qualité de vie de ses patients. Il souhaitait apprendre à partir d'erreurs.

« Nul ne peut être en bonne santé physiquement si une partie de son corps ne l’est pas. Tous les organes, ou au moins les principaux, doivent être dans le même état que le tout. »

 

Aristote (384-322 av. J.-C.), philosophe grec, disciple de Platon, professeur d’Alexandre le Grand de Macédoine

La responsabilité individuelle comme postulat

 

Médecin, thérapie et patient constituent trois pôles dont chacun doit contribuer au succès du processus de guérison : le médecin, qui doit établir le bon diagnostic, le traitement, qui doit agir, et le patient, qui doit endosser lui-même la responsabilité du processus de guérison. L'appel d'Hippocrate à la responsabilité individuelle est partagé par d’autres grands esprits de la Grèce antique. Le philosophe Aristote (384-322 av. J.-C.) était convaincu qu'une société ne pouvait fonctionner que si elle accordait de l’attention à la santé, avec discipline. Toutefois, il imposait la responsabilité d’une conduite de vie saine non seulement à la société, mais aussi, et surtout, à chaque individu.

« Les neuf dixièmes de notre bonheur reposent sur la santé. Avec elle, tout devient source de plaisir : sans elle, au contraire, nous ne saurions goûter un bien extérieur, de quelque nature qu'il soit. »

 

Arthur Schopenhauer
(1788–1860)

LA MÉDECINE REPREND LES RÊNES

 

Au 19e siècle, on assiste à un changement spectaculaire dans la perception de la santé. La révolution industrielle d’une part et le triomphe des sciences naturelles d’autre part ont favorisé l’élaboration de nouvelles thérapies. La première a permis, par le biais de la division du travail, de mettre l’accent sur les différentes étapes d’une chaîne de fabrication. Quant aux secondes, elles ont ouvert la voie à des médicaments révolutionnaires et de nouvelles techniques médicales. Ces deux facteurs réunis ont eu aussi des répercussions sur les méthodes de traitement : les maladies ne sont plus considérées dans un contexte global, comme le concevait Hippocrate, mais traitées isolément. La médecine endosse la responsabilité en lieu et place du patient.

La division des tâches : production automobile chez Volkswagen.

La pénicilline, un tournant dans la médecine.

À partir du 20e siècle, le corps est fragmenté par les chercheurs : organes, extrémités ou psyché, désormais champs d’intervention. Des médicaments hautement efficaces mis au point en laboratoire, à l’image de la pénicilline, viennent à bout d’infections bactériennes telles que le choléra ou la peste. Depuis le tournant du millénaire, la thérapie se spécialise et s’individualise. Les entreprises pharmaceutiques parlent aujourd’hui d’une médecine personnalisée.

Dans le domaine de l’orthopédie, des articulations artificielles permettent de mener une existence sans douleurs en cas de maladies telles que l’arthrose du genou, de l’épaule ou de la hanche. Médicaments très efficaces, opérations chirurgicales optimisées très peu effractives, périodes de convalescence réduites : les prestations médicales modernes, qui s’appuient sur la technologie et l’immense savoir de l’industrie pharmaceutique, offrent de nombreux avantages pour le patient.

PERTE DE LA VISION D’ENSEMBLE

 

Les soins médicaux ont fait des progrès considérables. Toutefois, quelque chose s’est perdu dans le dédale des solutions thérapeutiques : la vision de l’être humain dans sa globalité, comme le préconisait Hippocrate. Les médecins des différentes disciplines constituent le dossier médical dans les limites de leur spécialité, et les données centralisées, qui permettraient de dresser un tableau complet, viennent à manquer. Cela génère des doublons aux coûts élevés. On observe aujourd’hui chez les médecins et les économistes, grâce aux techniques modernes, un retour en arrière vers une approche globale de la prévention, du traitement et de la convalescence. On pourrait presque parler d'Hippocrate 2.0.

Value based health care

 

LE PATIENT RETROUVE SA PLACE AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS

LA SANTÉ AUJOURD’HUI

La nouvelle ère de la médecine

Un concept élaboré sur des bases scientifiques permet d’améliorer la qualité du traitement du patient dans le domaine de la santé et de réduire les coûts.

 

 

Lorsque l’économiste américain Michael Porter se rend au Forum économique mondial (FEM) suisse de Davos en 2017, « Value Based Health Care » (VBHC) est un concept bien établi dans le monde entier, qui vise une restructuration du système de santé. Porter peut se réjouir d’avoir posé les bases du concept VBHC grâce à ses travaux de recherche au cours des années 1990. Scientifique et professeur à l’Université d’Harvard, il s’est intéressé à la rentabilité des systèmes de santé et en est venu à la conclusion qu’ils étaient trop chers et inefficaces. Il s’est donc demandé comment combiner un niveau élevé de soins avec des coûts réduits.

292 000 000 millions

d'entrées sur Google concernent la santé

Père du « Value based health care » : Michael E. Porter.

« L’idée que l’on se fait de la maladie devrait être remplacée au plus vite par une nouvelle conception de la santé »

 

Christa Schyboll, écrivaine et chroniqueuse

« S’inquiéter en permanence de sa santé est aussi une maladie. »

 

Platon (428-348 av. J.-C.), philosophe grec, disciple de Socrate, professeur d’Aristote.

Porter a étudié les processus économiques du système de santé américain, a analysé leurs faiblesses et a développé à partir de cela le concept « Value based health Care ». Le fonctionnement du nouveau modèle qu’il a élaboré est fondamentalement différent de celui des modèles existants. De fait, l’accent n’est plus mis sur le médecin, ses instructions et ses décisions, mais sur le bienfait que le traitement apporte au patient. Le livre de Porter qui traite de ce thème est paru en 2006 : « Redefining Health Care ».

 

On justifie habituellement les coûts des systèmes de santé existants en invoquant le fait que la qualité a un prix. Porter a une approche radicalement différente : un système de santé se doit d’obtenir le meilleur résultat possible pour le patient, et ce à moindre coût. Son appel à remettre le patient au cœur des préoccupations répond à des principes économiques : il existe une concurrence entre les caisses-maladie, les hôpitaux et les médecins, tandis que le bien-être du patient est relégué au second plan.

 

Dans le processus d’ensemble, l’enjeu porte sur la valeur du traitement, mesurée à l’aune d’une qualité de vie à long terme pour le patient. Celle-ci s’évalue sur la base de questionnaires, avant et après un traitement. Les questions sont les suivantes : comment vit-on deux ans après la pose d’une prothèse de hanche ? Quand le patient pourra-t-il retourner au travail ? Combien de soins post-hospitaliers ont été nécessaires ? Seul le suivi systématique de l’ensemble du parcours du patient permet une analyse qualitative. Dans ce contexte, le numérique facilite la collecte, la saisie et l’exploitation de toutes les données personnelles. Le patient lui-même passe d’un rôle passif à un rôle actif, comme le préconise Hippocrate, et doit assumer sa responsabilité individuelle.

 

UN CONCEPT RÉVOLUTIONNAIRE

 

L’idée de Porter a été reprise par des réformateurs de la santé et développée, les systèmes de traitement des données modernes facilitant les analyses. « Value based health care fonctionne », a estimé Grégory Katz lors du congrès annuel de l’Institut européen de l’innovation et de la technologie (EIT). Ce Français est directeur de l’EIT Health Trends Report et travaille à la publication d’un rapport intitulé « Implementing Value-Based Health Care in Europe: Handbook for Pioneers ».

 

Bénéfice pour le patient : Grégory Katz.

Gregory Katz, directeur de l’EIT Health Trends Report.

L’EIT est une institution de l’UE, au sein de laquelle des chercheurs travaillent dans un contexte de collaboration interdisciplinaire et internationale. « Nous mesurons la qualité de vie avant et après un traitement à l’aide d’instruments calibrés, sur la base de questionnaires », explique Katz.

Ce professeur de l’Université de Paris préconise une médecine axée sur les résultats, qui vise avant tout le bénéfice pour le patient. Il est essentiel que toutes les institutions de santé échangent les données de façon coordonnée et puissent répondre ainsi plus précisément aux besoins spécifiques des patients. La médecine doit pouvoir se mesurer à ses résultats.

 

Pour Johnson & Johnson, VBHC est le système de santé de l’avenir.

Depuis des années, l’entreprise réalise, en collaboration avec d’autres institutions de santé comme des centres cliniques, des projets concrets autour du VBHC. « J&J souhaite offrir aux patients des traitements de meilleure qualité grâce aux programmes pour des soins de santé basés sur la valeur, tout en luttant contre l’évolution financière négative dans le secteur de la santé », explique Roman Iselin, responsable Medical Devices de J&J Suisse.

«Mens sana in corpore sano»

Juvénal, poète satirique romain (60-140 ap. J.-C.)

Roman Iselin, responsable de pays Medical Devices J&J Suisse

L’expérience accumulée jusqu’à présent est encourageante. Ainsi, les coûts ont pu être réduits de 40% chez des patients ayant subi des opérations de la hanche et du genou dans une clinique de Neuchâtel grâce à une guérison et une mobilisation plus rapides. Dans le cas d’une opération de bypass gastrique (chirurgie bariatrique), les frais de traitement pour les maladies secondaires que sont le diabète et l’hypertension ont baissé considérablement à partir d’un indice de masse corporelle donné. La sclérothérapie du cœur lors d’une ablation rend les hypotenseurs obsolètes. Pour Roman Iselin, ces coopérations sont « absolument nécessaires, afin que VBHC puisse révolutionner le système de santé ».

Deux exemples
de patients

Beatrice K. a perdu 30 kilos, ainsi que son diabète, et Christian G. ses arythmies cardiaques.

Ensemble contre vents et marées : Beatrice K. et son bouledogue Oskar.

« J’ai fait des régimes pendant des dizaines d’années, mais ça n’a jamais tenu. »

 

Beatrice K.

« L’obésité est une maladie chronique. »

 

Professeur Ralph Peterli

11%

de la population suisse souffrent d’obésité.

LE BYPASS GASTRIQUE

« J’ai retrouvé une
activité. »

Les opérations bariatriques sont un bon exemple de ce qui peut se passer lorsqu’un traitement médical efficace marque un tournant au moment propice, ce qui a pour conséquence de faire baisser durablement les coûts. Ainsi, un bypass gastrique peut réduire à long terme les maladies associées ou même les faire disparaître.

 

 

En montant une légère pente lors d’une promenade en famille, Beatrice s’est trouvée hors d’haleine, incapable de surmonter le problème sans aide extérieure. C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : « J’ai su qu’il était temps de faire quelque chose », explique cette femme âgée de 72 ans aujourd’hui. À l’époque, elle pesait 96 kilos pour une taille de 1,50 m. Ce surpoids avait de lourdes répercussions sur sa vie : douleurs articulaires, détresse respiratoire et diabète de type II. Beatrice K. faisait partie des 11% de personnes obèses en Suisse.

 

« L’obésité est une maladie chronique », explique le professeur Ralph Peterli. Au centre de l’obésité de Clarunis, situé à l’hôpital St. Clara de Bâle, le chirurgien mène des recherches depuis des années sur l’obésité et ses conséquences. « L’idée que les personnes obèses mangent tout simplement trop, sont indisciplinées et sans volonté est fausse », déclare le spécialiste. Il constate dans son travail au quotidien que de nombreux facteurs favorisent l’obésité, que ce soit la génétique, le psychisme, une mauvaise hygiène de vie ou un trouble du métabolisme. « Les personnes sujettes auront beau faire des cures d’amaigrissement, il est rare qu’elles parviennent par elles-mêmes à maigrir pour retrouver un poids normal. »

 

Beatrice K. en a, elle aussi, fait l’expérience. « Pendant des dizaines d’années, j’ai fait des régimes », explique-t-elle, « mais ça n’a jamais tenu, je reprenais toujours, avec même des kilos en plus. » Et puis les maladies secondaires sont arrivées. Finie pour moi l’existence normale, active, sans médicaments ni traitements. Le calvaire n’a cessé de s’amplifier. « On a tellement honte », explique-t-elle, « dans l’avion, il faut demander de rallonger la ceinture de sécurité, car on ne peut pas la boucler à cause du ventre. »

 

L’histoire de Beatrice et de son bypass gastrique

Selon l’Office fédéral suisse de la statistique, 12% des hommes et 10% des femmes sont obèses. Les chiffres ont doublé au cours des 25 dernières années. De même, les coûts économiques ont augmenté de façon exponentielle au cours de cette période, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) : les personnes en surpoids ont coûté 8 milliards de francs à la société en 2012. Aussi, la question se fait plus aiguë : comment aider les personnes obèses sans que les coûts poursuivent pour autant leur ascension.

Tout sur l’obésité

La médecine considère l’obésité comme une maladie chronique. On parle d’obésité lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 30 et d’obésité massive lorsqu’il est supérieur à 35. L’indice de masse corporelle normal est situé entre 18 et 25. Les conséquences pour les sujets concernés sont lourdes. L’obésité morbide limite leur qualité de vie et nuit gravement à la santé. Les conséquences de l’obésité sont notamment le diabète de type II, les troubles du métabolisme (taux élevés de cholestérol et de triglycérides dans le sang), les maladies cardiovasculaires et les douleurs articulaires.

Opération de bypass gastrique en cours : professeur Ralph Peterli.

Le bypass gastrique

Le bypass gastrique est une intervention consistant à séparer l’estomac juste en dessous du cardia (orifice supérieur de l’estomac). Ce petit estomac résiduel est ensuite relié à l’intestin grêle. La digestion commence directement dans l’intestin grêle. Outre la diminution de la capacité d’absorption et la prise alimentaire réduite, il y a un effet positif sur les hormones produites par l’intestin grêle et qui contrôlent la satiété. Chez la majorité des patients, toutes ces mesures entraînent une réduction de poids. Le bypass gastrique est le dernier recours possible lorsqu’aucune des voies classiques ne permet une perte de poids durable. On le pratique à partir d’un IMC de 35. La durée d’hospitalisation après l’opération est de trois à cinq jours.

RÉDUIRE LES COÛTS À LONG TERME

 

Pour Ralph Peterli, une intervention chirurgicale telle que le bypass gastrique est un moyen de libérer durablement les personnes obèses de leur surpoids. Il a déjà pratiqué 3'000 de ces interventions. Les résultats sont encourageants : la plupart du temps, le bypass ne se limite pas à une perte de poids massive, il réduit également les coûts générés par l’obésité. « Peu après l’opération, le diabète baisse déjà et disparaît parfois complètement, la pression artérielle se régule et, sous l’effet de la perte de poids, les douleurs articulaires s’atténuent. Et ce ne sont là que quelques-uns des effets positifs. »

Beatrice K. avait lu des informations sur la méthode du bypass gastrique, mais aussi sur le diabète qui pouvait être soigné grâce à cela. À l’hôpital St. Clara de Bâle, alors âgée de 70 ans, elle fut soumise à l’examen d’une équipe composée de nutritionnistes, de psychologues et de médecins, afin de déterminer si elle était apte à subir l’intervention. L’expérience est positive sur toute la ligne. « Je me sentais en de bonnes mains, comprise et j’envisageais à nouveau l’avenir avec optimisme, sachant que tout irait bien », se rappelle-t-elle. L’intervention très peu effractive, qui consiste à réduire considérablement l’estomac et à le relier directement à l’intestin grêle, dure environ une heure. Cela reste quand même une intervention violente, explique-t-elle, mais elle a su prendre sur elle les désagréments de l’opération, « rester grosse, ça n’était plus possible pour moi ». Tout s’est passé comme prévu et, cinq jours plus tard, elle pouvait quitter l’hôpital.

 

Entre-temps, elle a perdu 30 kilos. Elle est en bonne santé, son diabète a disparu. Elle ne prend plus aucun médicament. Elle a l’impression de s’être offert une deuxième vie : « je suis à nouveau active, sors beaucoup avec le chien et vois des amis. » Pour le chirurgien Peterli, l’ensemble du processus consiste en une synergie entre l’équipe médicale et soignante interdisciplinaire, le patient lui-même et la méthode chirurgicale. « Nous vérifions pendant la phase préparatoire si un patient est en mesure d’adapter son comportement alimentaire et ses mouvements après l’intervention, afin qu’ensemble, nous puissions obtenir le meilleur résultat possible. » Pour lui, il est indispensable que les patients continuent à être étroitement suivis par son équipe, toute la vie durant.

 

Un cavalier amateur à nouveau en selle : Christian G., patient cardiaque

« La fibrillation atriale, le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque, est une maladie chronique qui doit être soignée par voie médicamenteuse tout au long de la vie. »

 

Professor Etienne Delacrétaz

« Ça s’est passé devant la télé, après le dîner. Mon cœur s’est mis à battre comme un fou. »

 

Christian G.

Ablation cardiaque

« Je vis une deuxième jeunesse. »

Les arythmies cardiaques font partie des maladies chroniques et peuvent être traitées au moyen de différentes méthodes. Une ablation cardiaque par cathéter, pratiquée au bon moment, peut les faire pratiquement disparaître et empêcher d’autres coûts induits. Ce qui a été le cas pour Christian G.

 

 

Avec une rapidité fulgurante, le curseur file sur l’écran, où de petites balles roses se transforment en petites balles rouges et où une espèce de serpent sautille. Il s’agit de la représentation graphique sur ordinateur d’un cathéter lors d’une intervention dans l’atrium du cœur. En y regardant de plus près, on peut distinguer un contour qui ressemble à une pierre grise. « Il s’agit de la vue intérieure en 3D du cœur », explique Charlotte Vivet. Âgée de 25 ans, cette ingénieure diplômée de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) est depuis un peu plus d’un an Clinical support specialist chez Johnson & Johnson. Elle fait partie des 15 professionnels hautement spécialisés en Suisse qui secondent les médecins lors d’interventions de haute technicité sur le cœur. Ce matin-là, elle travaille main dans la main avec le professeur Étienne Delacrétaz à la Hirslanden, Clinique Cecil de Lausanne.

 

Derrière l’écran de Charlotte, séparé par une vitre, se trouve la salle d’opération. Sur la table, un homme jeune est couché dans un sommeil profond. Devant lui, à hauteur des hanches, le médecin est assis. Les commentaires et instructions prononcés à voix basse sortent du haut-parleur installé devant Charlotte. Le professeur Étienne Delacrétaz pendant son travail. Le spécialiste en cardiologie et électrophysiologie effectue une ablation cardiaque par cathéter. Cette intervention très peu effractive, qui consiste à scléroser des tissus cardiaques au moyen d’un cathéter, est une méthode particulièrement efficace pour éliminer les arythmies cardiaques dangereuses.

Clinical support specialist : Charlotte Vivet.

LA PEUR, UNE ALLIÉE

 

« La fibrillation atriale, le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque est une maladie chronique qui doit être soignée par voie médicamenteuse tout au long de la vie », explique Delacrétaz. Elle ne peut se guérir. Si l’on n’agit pas, elle peut entraîner des troubles comme les palpitations et la détresse respiratoire lors d’efforts physiques, et même, dans les cas extrêmes, des attaques cérébrales et une insuffisance cardiaque. Avec parfois des conséquences dramatiques pour les sujets, pouvant aller jusqu’à l’invalidité. D’après la Fondation Suisse de Cardiologie, la fibrillation atriale concerne environ 100'000 personnes dans le pays, avec une tendance à la hausse.

100'000

personnes en Suisse sont concernées par la fibrillation atriale selon la Fondation Suisse de Cardiologie. Tendance à la hausse.

Fibrillation atriale

La fibrillation atriale est le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque. Elle est causée par la mauvaise transmission des signaux électriques dans l’atrium du cœur. Dans ce contexte, les atriums et les ventricules ne sont plus en mesure de pomper en harmonie et, la plupart du temps, sont trop rapides. Les mouvements de pompage irréguliers peuvent entraîner une formation accrue de caillots dans le cœur. Lorsqu’un tel caillot migre dans la circulation sanguine et bouche une artère cérébrale, c’est l’attaque cérébrale. C’est pourquoi nombre de patients sont traités à titre préventif avec des anticoagulants. Une conséquence tardive du rythme cardiaque constamment élevé peut être notamment l’installation d’une insuffisance cardiaque.

Pour les personnes atteintes, les troubles du rythme cardiaque mettent leur vie en danger, mais sont aussi extrêmement angoissants. C’était également le cas de Christian G. C’est pourquoi cet homme de 56 ans accepta de subir une ablation cardiaque par cathéter entre les mains du professeur Delacrétaz, et ce après un dérèglement de son cœur intervenu du jour au lendemain. « Ça s’est passé devant la télé, après le dîner. Mon cœur s’est mis à battre comme un fou. » Ce chauffagiste a alors consulté sa cardiologue. « Nous avons essayé de soulager le cœur avec des médicaments, mais ça n’a pas vraiment aidé », explique-t-il. Par ailleurs, cet homme d’allure sportive se sentait apathique après un effort, avec une fatigue permanente et une légère dépression. Il craignait de ne plus pouvoir pratiquer son hobby, l’équitation. « Mais le pire, c’était la peur », raconte-t-il. Il savait que son père et le frère de celui-ci avaient déjà souffert d’hypertension et qu’ils en étaient décédés avant d’avoir atteint leur 60e anniversaire. Lui-même prenait déjà des hypotenseurs depuis des années.

 

L’histoire de Christian G. et de son ablation cardiaque par cathéter

Spécialisé en ablations cardiaques par cathéter : Professeur Étienne Delacrétaz.

Ablation cardiaque

Cette méthode, qui consiste à scléroser des tissus cardiaques au moyen d’un cathéter véhiculant du courant à haute fréquence, existe déjà depuis 40 ans et n’a cessé d’être perfectionnée depuis lors. De nos jours, cette intervention qui dure entre une heure et une heure et demie est relativement rapide. Le médecin introduit un cathéter dans l’atrium (oreillette) en passant par la veine, localise le tissu malade, puis le détruit par la chaleur. La proportion d’ablations cardiaques en Suisse augmente de 8 à 12% chaque année, avec une tendance à la hausse.

« Je n’ai pratiquement pas eu mal et les effets positifs se sont fait ressentir dès le deuxième jour. »

 

Christian G.

Une ablation cardiaque par cathéter est une intervention au cours de laquelle le tissu à l’origine des troubles du rythme cardiaque est sclérosé de façon ciblée. Cet acte s’effectue au moyen d’un cathéter que l’on introduit dans le cœur par la veine principale. Étienne Delacrétaz effectue des ablations depuis plus de 20 ans. Il explique qu’il ne s’agit pas d’une opération chirurgicale sur le cœur, mais d’une intervention très peu effractive qui ne laisse aucune trace extérieure. Le médecin qui opère doit faire preuve d’une grande dextérité, « mais surtout maîtriser les procédés techniques et avoir acquis beaucoup de pratique ». Sur le grand écran derrière la table d’opération, le médecin concentré suit l’emplacement exact de la pointe du cathéter qu’il dirige à la main. L’assistante Charlotte lui fournit toutes les données dont il a besoin pour s’orienter. Elle tourne les images en 3D de façon à ce que le médecin puisse voir les zones qu’il doit scléroser. Elles sont marquées sur le graphique par un point qui devient de plus en plus rouge à mesure que la sclérose s’intensifie. Bien sûr, il convient de ne porter aucune atteinte au cœur.

UN RETOUR RAPIDE AU TRAVAIL

 

Au bout d’une bonne heure, l’intervention est terminée. Le patient peut quitter le bloc opératoire. Avec les cathéters de dernière génération, cette méthode opératoire dure au maximum une heure et demie. Delacrétaz rappelle qu’il n’en a pas toujours été ainsi : « Avant, l’opération pouvait durer jusqu’à quatre heures. » À l’heure actuelle, environ 5% de tous les patients cardiaques sont traités par ablation par cathéter. Il s’agit de personnes âgées, mais aussi d’enfants et de jeunes, ces derniers étant souvent des sportifs de haut niveau. Après l’opération, le patient n’a que peu de médicaments à prendre, tandis que le risque d’insuffisance cardiaque ou d’attaque cérébrale aux séquelles irréversibles baisse considérablement. Le gain en qualité de vie est spectaculaire et les coûts qui auraient été générés sans l’opération sont réduits. Le succès de guérison à long terme diminuant avec l’âge, il est préférable que les patients aient moins de 70 ans.

 

L’ablation cardiaque de Christian G. remonte déjà à six mois. L’intervention s’est déroulée sans aucune complication. Aujourd’hui, son visage rayonne : « Je n’ai pratiquement pas eu mal et les effets positifs se sont fait ressentir dès le deuxième jour. » Il a même pu reprendre le travail aussitôt. La fibrillation atriale a disparu et les médicaments lui permettent de bien gérer la pression artérielle encore légèrement élevée. Il se sent en forme, performant, et a repris les concours hippiques. « On dirait que la vie m’offre une deuxième jeunesse », explique-t-il.

 

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© Johnson & Johnson AG 2020 Dernière modification le 10.06.2020

Ablation cardiaque

Cette méthode, qui consiste à scléroser des tissus cardiaques au moyen d’un cathéter véhiculant du courant à haute fréquence, existe déjà depuis 40 ans et n’a cessé d’être perfectionnée depuis lors. De nos jours, cette intervention qui dure entre une heure et une heure et demie est relativement rapide. Le médecin introduit un cathéter dans l’atrium (oreillette) en passant par la veine, localise le tissu malade, puis le détruit par la chaleur. La proportion d’ablations cardiaques en Suisse augmente de 8 à 12% chaque année, avec une tendance à la hausse.